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Le Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ.




Evangile selon saint Jean, 6,51-58.

La chose la plus étrange.
Les juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Il dit ces choses en enseignant dans une synagogue à Capharnaüm. Et l’Evangile d’ajouter : « Beaucoup de ceux qui l’ont entendu parmi ses disciples disent donc : « Cette parole est dure, ! Qui peut l’entendre ? »
« L’eucharistie n’est pas et ne sera jamais une évidence ; et ceci, par sa radicalité même. L’évidence, si elle existe, habite des régions plus tranquilles. Du moins, l’eucharistique peut-il prendre sens en ce qui fait l’existence humaine, et non comme le « sens » que présupposent les convictions établies, mais comme ce qui naît dans le surgissement le plus vif de l’expérience.»[1] « Du côté de la pratique, il s’agira de faire passer l’eucharistie dans la vie ; et spécialement par l’amour du prochain. Mais aussi, ou d’abord, par une disposition d’ « action de grâces », par une façon d’être tourné vers Dieu en toutes choses, par une communion à la souffrance et au resurgissement de Jésus-Christ. »[2]
Ne pas banaliser. Maintenir l’étrange. Voilà la condition pour vivre l’eucharistie. Cela n’a pas de sens pour beaucoup de nos contemporains parce que cela semble si banal. Comme les juifs et les disciples, j’aurais sans doute protesté. Je trouve ce rite toujours étrange, c’est-à-dire nouveau, original, déconcertant. L’étrange engendre une rupture avec le trivial, l’ennuyeux : cela bouleverse. La question centrale, le vrai sujet, c’est la communion, la relation à autrui, à Dieu ; et cela c’est toujours ineffable. Nous sommes invités à entrer dans ce que signifie le rite, il n’y a pas à mériter. Corps et sang sont du côté de la présence réelle comme le pain et le vin. Transposition de la violence vers le végétal, la non-violence. L’humanité déjà transfigurée malgré ses régressions régulières.
C’est une pensée-aurore : l’homme assume tout son corps, la chair n’est pas conçue comme négative. Ce sacrifice invite à la fin des sacrifices et nous aide à passer de l’illusion (puissance, domination, cupidité, égocentrisme) à la vérité : du côté de l’expérience et de la relation.
« C’est là notre perfection : la miséricorde ou plutôt, la macrothumia, la largesse de cœur. C’est là notre perfection. Elle peut commencer où que nous soyons. Elle est sans technique, sans savoir, sans méthode, sans ascèse ».[3]

Th. Vander Poelen


[1] Maurice Bellet, La chose la plus étrange, Manger la chair de Dieu et boire son sang, DDB, Paris, 1999, p.110.
[2] Ibidem, p.37.
[3] Ibidem p.50.

Et pourtant… Et comment ? Et maintenant ?

La fête de ND du Rosaire dimanche 16 octobre fut placée sous le signe de l’hospitalité que la Vierge Marie nous réserve dans son cœur quand elle intercède pour nous mais aussi l’hospitalité que nous nous accordons mutuellement lorsque nous nous accueillons avec bienveillance et prenons soin les uns des autres.

Ce fil conducteur a été décliné toute la journée, depuis l’homélie de la messe jusqu’à la conférence de Jean Hermesse, Secrétaire général des Mutualités chrétiennes, qui a précédé le repas, suivi d’un jeu, deux moments de convivialité, donc d’hospitalité mutuelle.

Pour Jean Hermesse, l’hospitalité n’est pas qu’une question individuelle. Elle transparait dans notre projet de société.

La recension qui suit est celle de sa conférence et du débat qui l’a suivi. Elle n’est pas fidèle au déroulement chronologique mais est plutôt soucieuse de cohérence thématique.

Etymologiquement, l’hospitalité renvoie à l’hôpital et, partant, au système de soins médicaux en général. Jean Hermesse en est un observateur privilégié dans notre pays depuis une bonne trentaine d’années.

Les études comparatives montrent que les résidents en Belgique sont réputés plus satisfaits de leur système de santé que ne le sont leurs voisins. Nombre de fonctionnaires européens n’hésitent pas à rester vivre en Belgique une fois qu’ils sont pensionnés.

Les praticiens sont bien formés, les infrastructures de qualité et pas engorgées : les consultations ne souffrent pas de délais d’attente importants, sauf en ce qui concerne quelques spécialités. L’espérance de vie en Belgique reste enviable.

ET POURTANT…

  1.  Alors que le territoire belge est exigu, il y a d’énormes disparités entre les habitants. Un Brugeois vit en moyenne 5 ans plus longtemps qu’un Anderlusien. C’est encore plus flagrant en matière d’espérance de santé. Ces importantes disparités sont avant tout dues aux différences de niveau d’éducation, d’habitudes alimentaires, de niveau de vie. 
  2.  La consommation de somnifères et d’antidépresseurs par les personnes âgées est en constante augmentation et va de pair avec leur isolement croissant : 34% sont aujourd’hui isolées contre 17% en 1970. A Bruxelles, les nombreuses maisons de repos hébergent une forte proportion de résidents encore valides, qui y recherchent la sécurité et à rompre leur isolement ; 
  3. Le taux de suicide des hommes de + de 75 ans est élevé.  Ces indicateurs interpellent. 
Les Etats voisins de la Belgique sont moins inégalitaires, preuve que des inégalités socio-économiques croissantes ne sont pas une fatalité.

Il ne faut pas réduire le niveau de bien-être dans un Etat donné à l’accumulation de richesses accumulées collectivement. C’est même le contraire lorsque l’accumulation de biens est atteinte au détriment du lien social. Nous sommes riches de biens mais pauvres de liens.

Le montant des indemnités d’invalidité versées en Belgique explose littéralement sans que les bénéficiaires sortent de la précarité financière. Une enquête interne aux Mutualités chrétiennes réalisée auprès de 500 invalides montre que la moitié ont du mal « à joindre les deux bouts » et n’ont aucun budget pour les loisirs.

 27% des hommes de plus de 60 ans sont enregistrés comme invalides. Entre 2000 et 2010 la Belgique a enregistré 60.000 invalides de plus, entre 2010 et 2015, 90.000 de plus et on en prévoit 120.000 de plus entre 2015 et 2020. 

Le mouvement s’accélère avec le vieillissement de la population : en 2000 la Belgique comptait 186.000 personnes de + de 85 ans, en 2030 ce nombre aura grimpé à 350.000 et en 2050, à 700.000 ! Le « baby-boom » d’après-guerre s’est mué en « papy-boom ».

L’allongement de la durée du temps de travail pour à la fois réduire le nombre d’inactifs à la charge des actifs et financer les pensions des seniors est inéluctable. Rien que les besoins de financement des indemnités d’invalidité ont crû de 1,6 milliard d’euro ces cinq dernières années.

Mais les palliatifs mis en œuvre par le gouvernement fédéral (volonté affichée de remettre le maximum d’invalides au travail, sous peine de sanctions pécuniaires) se heurtent à l’obstination des chiffres : seuls 7% des invalides sont prêts à retravailler. Ces mesures ne tiennent pas lieu de vision ambitieuse, précédant toute nouvelle stratégie d’envergure.  

ET COMMENT ?

A contrario de la Belgique, la Finlande est devenue très proactive pour éviter que l’allongement du temps de travail rime avec l’explosion du taux d’incapacité. Les seniors actifs travaillent principalement à mi-temps et dans des fonctions de tuteurs des actifs plus jeunes. Ils retrouvent de la considération aux yeux de la société en étant perçus comme une richesse humaine et plus comme une charge.

Remises au cœur de la société et plus reléguées à ses marges, les personnes âgées se portent mieux car « elles sont remises debout ». Les infirmiers de rue témoignent que le lien social soigne mieux que tous les médicaments et revient moins cher.

La Belgique consacre 10 % de son PIB aux soins de santé soit une quarantaine de milliards € chaque année. Les Etats-Unis, 17% ! Avec une espérance de vie moyenne plus basse, au niveau de celle des Cubains.

L’idée dominante reste que la croissance est le remède à tous les maux : plus d’investissements dans les soins de santé, de caméras de surveillance, de contrôles etc… Avec comme corolaire le développement de services marchands et le chacun pour soi (auxiliaires de vie à domicile « SeniorCare24 ») ou l’entre-soi (complexe immobilier « Bella Vita » à Waterloo), d’où le renforcement du clivage entre gagnants et perdants.

Or, l’aménagement du territoire (trottoirs accessibles, places publiques piétonnières, commerces de proximité, maisons de quartier, bibliothèques-librairies-cafés, jardins potagers publics, logements mixtes intergénérationnels, appartements communautaires dans chacun des grands immeubles d’habitation, ouverture au public de jardins privés, modes de transport doux tels le vélo, etc…) doit permettre aux différentes générations et classes sociales de favoriser les occasions de se recroiser gratuitement (fête des voisins, aide aux devoirs scolaires par les aînés, groupes de « tricoteuses », de cuisinières, etc…), de brasser leurs préoccupations.

ET MAINTENANT ?

Bruxelles est une agglomération cosmopolite qui recèle donc la richesse de la diversité des origines de ses habitants.

 Le café d’antan est devenu rare mais pas le bar d’unité. Uccle compte 2.000 scouts (garçons et filles) pour 80.000 habitants. Certains mouvements de jeunesse gardent la cote.

 Les Mutualités chrétiennes sont à l’origine de « Jeunesse et santé » (camps de vacances pour jeunes), Eneo (mouvement social des aînés), Alteo (mouvement social des personnes handicapées).

Chacun de nous a des talents. Comment les partageons-nous ? Plein de dépenses sont réduites, voire supprimées, lorsqu’on s’inscrit dans un réseau informel. C’est le cas des colocations étudiantes, de l’outil coûteux dont on se sert une fois par an et qu’on prête aux voisins. Il y a un risque qu’il soit moins bien entretenu mais il est transcendé par le bénéfice du lien humain cultivé.


Au Danemark, le nombre de résidents dans les maisons de retraite a chuté avec le développement d’une politique de maintien à domicile et de mixité des logements.

Cette tendance lourde s’inscrit dans l’économie du partage où l’usage des biens est plus important que leur possession, où l’être transcende l’avoir.

L’échevine Catherine Roba-Rabier, présente dans la salle, insiste sur l’importance de l’interpellation permanente des mandataires politiques par la société civile. Sans une société civile dynamique, les représentants politiques sont démunis.

En conclusion « Soyons le changement que nous voulons voir advenir » (Mahatma Gandhi)
                                                                               Christophe Coeckelbergh

Décès abbé Edmond De Schutter

Chers amis,

Le samedi 12 décembre 2015 est décédé à Uccle à l’âge de 89 ans l’abbé Edmond De Schutter. Né le 12 avril 1926 à Koekelberg, il a été ordonné prêtre le 20 avril 1952.

Après son ordination, Edmond De Schutter devint professeur à l’Institut Saint-Boniface à Ixelles. En 1964, il fut nommé vicaire à Watermael-Boitsfort, Sainte-Croix, et à partir de 1967 en même temps professeur de religion au Collège Saint-Hubert tout proche. De 1974 à 2001, il fut curé et responsable de la pastorale francophone à Notre-Dame du Rosaire à Uccle, au Langeveld; en outre, à partir de 1988, il fut administrateur paroissial de la paroisse Saint-Marc, au Groeselenberg. Lors de sa retraite, il devint coresponsable de l’accompagnement des diacres permanents francophones (jusqu’en 2007) et au service de l’exorcisme (jusqu’en 2010).

Edmond s’est laissé toucher dans sa vie de prêtre par le concile Vatican II et par le Renouveau. Il avait le souci de l’évangélisation en profondeur, que les chrétiens ne soient pas seulement des consommateurs de rituels mais qu’ils soient des témoins vivants et s’engagent concrètement dans les paroisses et dans le monde. C’est pourquoi il avait développé et soutenu au sein de la paroisse du Rosaire différentes équipes dont la fraternité paroissiale, les équipes « Sarments », les comités de quartier, les cellules paroissiales d’évangélisation…  L’adoration du Saint-Sacrement était une autre part importante de sa vie spirituelle et sacerdotale, ce qu’il développa aussi dans sa paroisse.
Il était également profondément attaché au scoutisme, à Marthe Robin et aux foyers de charité, à Taizé, à Paray-le-Monial, au curé d’Ars, à Dom Helder Camara, à la prière d’abandon de Charles de Foucauld…  Edmond priait pour les vocations sacerdotales et diaconales. Obéissant de nature, c’est toute sa vie qu’il a mise au service du Seigneur et de son Eglise.
Il s’est éteint lentement et sereinement, pareil à lui-même, en toute discrétion, comme une bougie qui  brule sa dernière goutte de cire.

La célébration de ses funérailles aura lieu en l’église Saint-Pierre à Uccle le samedi 19 décembre à 9 h 30.

Qu’il repose dans la paix du Seigneur. Merci de le porter dans votre prière.


Koen Jacobs
Service du Personnel

Dimanche 18 octobre, commentaire du jour

Commentaire du jour :

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l'Église
Conférence sur le Credo, 6 (trad. bréviaire)

« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur »

      Quelle nécessité y avait-il à ce que le Fils de Dieu souffre pour nous ? Une grande nécessité, que l'on peut résumer en deux points : nécessité de remède à l'égard de nos péchés, nécessité d'exemple pour notre conduite... Car la Passion du Christ nous fournit un modèle valable pour toute notre vie... Si tu cherches un exemple de charité : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13)... Si tu cherches la patience, c'est sur la croix qu'on la trouve au maximum... Le Christ a souffert de grands maux sur la croix, et avec patience, puisque « couvert d'insultes il ne menaçait pas » (1P 2,23), « comme une brebis conduite à l'abattoir, il n'ouvrait pas la bouche » (Is 53,7)... « Courons donc avec constance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de notre foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix » (He 12,1-2).


      Si tu cherches un exemple d'humilité, regarde le crucifié. Car un Dieu a voulu être jugé sous Ponce Pilate et mourir... Si tu cherches un exemple d'obéissance, tu n'as qu'à suivre celui qui s'est fait obéissant au Père « jusqu'à la mort » (Ph 2,8). « De même que la faute commise par un seul, c'est-à-dire Adam, a rendu tous les hommes pécheurs, de même tous deviendront justes par l'obéissance d'un seul » (Rm 5,19). Si tu cherches un exemple de mépris pour les biens terrestres, tu n'as qu'à suivre celui qui est le « Roi des rois et Seigneur des seigneurs », « en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (1Tm 6,15 ; Col 2,3) ; sur la croix il est nu, tourné en dérision, couvert de crachats, frappé, couronné d'épines, et enfin, abreuvé de fiel et de vinaigre.

Dimanche 11 Octobre : commentaire du jour

Commentaire du jour :

Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien
Homélie « Quel riche peut être sauvé ? » (trad. cf coll. Icthus, t. 6, p. 34)

« Une seule chose te manque »

      Il y a une richesse qui sème la mort partout où elle domine : libérez-vous-en et vous serez sauvés. Purifiez votre âme, rendez-la pauvre pour pouvoir entendre l'appel du Sauveur qui vous redit : « Viens et suis-moi ». Il est la voie où marche celui qui a le cœur pur : la grâce de Dieu ne se glisse pas dans une âme encombrée et déchirée par une multitude de possessions.


      Celui qui regarde sa fortune, son or et son argent, ses maisons, comme des dons de Dieu, celui-là témoigne à Dieu sa reconnaissance en venant en aide aux pauvres avec ses biens. Il sait qu'il les possède plus pour ses frères que pour lui-même ; il reste maître de ses richesses au lieu d'en devenir esclave. Il ne les enferme pas en son âme, pas plus qu'il n'enserre sa vie en elles, mais il poursuit sans se lasser une œuvre toute divine. Et si un jour sa fortune vient à disparaître, il accepte sa ruine d'un cœur libre. Cet homme-là, Dieu le déclare bienheureux, il l'appelle « pauvre en esprit », héritier assuré du Royaume des Cieux (Mt 5,3)...


      Il y a, à l'opposé, celui qui blottit sa richesse en son cœur, au lieu du Saint Esprit. Celui là garde en lui son argent ou ses terres ; il accumule sans fin sa fortune, et ne s'inquiète que d'amasser toujours davantage. Il ne lève jamais les yeux vers le ciel ; il s'embarrasse dans les pièges de ce monde, car il n'est que poussière et il retournera à la poussière (Gn 3,19). Comment peut-il éprouver le désir du Royaume, celui qui, au lieu du cœur, porte un champ ou une mine, lui que la mort surprendra fatalement au milieu de ses désirs déréglés ? « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6,21).         


Evangile du dimanche 25 mai 2014

Sixième dimanche de Pâques

St Bède le Vénérable, Docteur de l'Église († 735), St Grégoire VII, pape  (155e) de 1073 à 1085

Commentaire du jour
Paul VI: « Le monde ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure en vous »

Act. 8,5-8.14-17.

Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ.
Les foules, d'un seul cœur, s'attachaient à ce que disait Philippe, car tous entendaient parler des signes qu'il accomplissait, ou même ils les voyaient.
Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits mauvais, qui les quittaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et d'infirmes furent guéris.
Et il y eut dans cette ville une grande joie.
Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils leur envoyèrent Pierre et Jean.
A leur arrivée, ceux-ci prièrent pour les Samaritains afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit ; en effet, l'Esprit n'était encore venu sur aucun d'entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils recevaient le Saint-Esprit.

Ps 66(65),1-3a.4-5.6-7a.16.20.

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom, glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

Toute la terre se prosterne devant toi, elle chante pour toi, elle chante pour ton nom.
Venez et voyez les hauts faits de Dieu, ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu'il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.
Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n'a pas écarté ma prière, ni détourné de moi son amour !

1 Pierre 3,15-18.
Frère, c'est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ;mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ.
Car il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c'était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal.
C'est ainsi que le Christ est mort pour les péchés, une fois pour toutes ; lui, le juste, il est mort pour les coupables afin de vous introduire devant Dieu. Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l'esprit, il a été rendu à la vie.

Jn 14,15-21.

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l'Esprit de vérité.
c'est l'Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez,
parce qu'il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Commentaire du jour :

Paul VI, pape de 1963-1978
Audience générale du 17/05/1972 (trad. DC 1610, p. 508 rev.)


« Le monde ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure en vous »


« L’Esprit souffle où il veut », dit Jésus dans son entretien avec Nicodème (Jn 3,8). Nous ne pouvons donc pas tracer, sur le plan doctrinal et pratique, des normes exclusives concernant les interventions de l’Esprit Saint dans la vie des hommes. Il peut se manifester sous les formes les plus libres et les plus imprévues : « Il s’ébat sur la surface de la terre » (cf Pr 8,31)… Mais pour ceux qui veulent capter les ondes surnaturelles de l’Esprit Saint, il y a une règle, une exigence qui s’impose d’une façon ordinaire : la vie intérieure. C’est à l’intérieur de l’âme que se fait la rencontre avec cet hôte inexprimable : « doux hôte de l’âme », dit la merveilleuse hymne liturgique de la Pentecôte. L’homme devient « temple de l’Esprit Saint », nous redit saint Paul (1Co 3,16; 6,19).

L’homme d’aujourd’hui, et aussi le chrétien bien souvent, même ceux qui sont consacrés à Dieu, tend à se séculariser. Mais il ne pourra, il ne devra jamais oublier cette exigence fondamentale de la vie intérieure s’il veut que sa vie demeure chrétienne et animée par l’Esprit Saint. La Pentecôte a été précédée d’une neuvaine de recueillement et de prière. Le silence intérieur est nécessaire pour entendre la parole de Dieu, pour sentir sa présence, pour entendre l’appel de Dieu.

Aujourd’hui, notre esprit est trop tourné vers l’extérieur…; nous ne savons pas méditer, nous ne savons pas prier ; nous ne savons pas faire taire tout le bruit que font en nous les intérêts extérieurs, les images, les humeurs. Il n’y a pas dans le cœur d’espace tranquille et sacré pour la flamme de la Pentecôte… La conclusion va de soi : il faut donner à la vie intérieure sa place dans le programme de notre vie bousculée ; une place privilégiée, silencieuse, pure ; nous devons nous retrouver nous-mêmes pour que puisse habiter en nous l’Esprit vivifiant et sanctifiant.

Commentaire Evangiles du 3ème dimanche de Paques

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Lettre apostolique « Mane nobiscum Domine » §24-28 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)


« À l'instant même ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem »


      Après avoir reconnu le Seigneur, les deux disciples d'Emmaüs « se levèrent à l'instant même » pour communiquer ce qu'ils avaient vu et entendu. Lorsqu'on a fait une véritable expérience du Ressuscité, se nourrissant de son corps et de son sang, on ne peut garder pour soi seul la joie éprouvée. La rencontre avec le Christ, approfondie en permanence dans l'intimité eucharistique, suscite dans l'Église et chez tout chrétien l'urgence du témoignage et de l'évangélisation. Je l'ai souligné précisément, me référant aux paroles de Paul : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne » (1Co 11,26). L'apôtre met en étroite relation le banquet et l'annonce : entrer en communion avec le Christ dans le mémorial de la Pâque signifie en même temps faire l'expérience de la nécessité de se faire missionnaires de l'événement actualisé dans ce rite. L'envoi à la fin de chaque messe constitue une consigne qui pousse le chrétien à s'engager pour la diffusion de l'Évangile et pour l'animation chrétienne de la société.


      Pour une telle mission, l'eucharistie ne procure pas seulement la force intérieure, mais aussi — en un sens — le projet. Elle est en effet une manière d’être qui, de Jésus, passe chez le chrétien et, par le témoignage de ce dernier, vise à se répandre dans la société et dans la culture. Pour que cela se réalise, il est nécessaire que chaque fidèle assimile, dans la méditation personnelle et communautaire, les valeurs que l'eucharistie exprime… C’est-à-dire rendre grâce… : [l’eucharistie] nous engage à un « merci » permanent…pour ce que nous avons et pour ce que nous sommes…; la voie de la solidarité… : le chrétien qui participe à l'eucharistie apprend par elle à se faire artisan de communion, de paix, de solidarité, dans toutes les circonstances de la vie…; le service des plus petits…, un engagement effectif dans l'édification d'une société plus équitable et plus fraternelle… : en s'agenouillant pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13,1), Jésus explique sans équivoque le sens de l'eucharistie.

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